2026 - LE CHEMIN DES SANCTUAIRES. MONTREAL - SAINTE ANNE DE BEAUPRE
Sur le versant sud-ouest du Mont Royal, l'Oratoire Saint Joseph, inauguré en 1917, est le premier sanctuaire de ce chemin et donc le point de départ de ce voyage. J'y retrouve Hanna et Udo avec qui nous passons notre première journée à visiter la ville.
Comme pour chaque sortie de grande ville, quitter Montreal est un cauchemar. Il faut traverser le fleuve Saint Laurent par le pont Jacques Cartier : expérience épouvantable avec le flot incessant d'énormes camions et de voitures qui nous rasent à un mètre. Un bruit effarant ! Chaque camion fait trembler la structure du pont et j'ai une peur bleue que cet ouvrage finisse par se désintegrer et de faire le grand plongeon . Finalement, épuisé, j'arrive dans notre hébergement, situé rue Limoges ( ville où je suis né), qui consiste en un sous-sol de ce qui semble être un gymnase. 2 km plus loin, sur notre chemin, il y avait un bon hotel que je mettrai toute cette abominable nuit à regretter. Premier contact avec le chemin des Sanctuaires plus que mitigé !
Après une journée ou deux à suivre la route qui suit l'autoroute qui suit le chemin de fer qui suit le Saint Laurent, je peux malgré tout admirer les jolies et oppulentes maisons qui bordent le fleuve en particulier en traversant Boucherville. Puis nous progressons dans les grandes plaines céréalières au sud de la rivière. Des lignes droites de 10 km, interminables, au milieu d'immenses champs de maïs, la circulation insupportable nous passe à quelques mètres. La marche se fait sur le macadam et les pieds sont en surchauffe permanente. Udo est victime d'une ampoule plantaire affreuse qui va le mettre au repos pendant quelques jours. Le titre de cette randonnée, le Chemin des Sanctuaire, est quand même assez trompeur car il n'y a pas de chemin, il n'y a que de la route. Tout ceci n'a réellement aucun d'intéret. Honnètement je m'interroge sur l'objet de cette randonnée : où est le plaisir du vagabondage, de l'errance, où est l'insolite, où est la nature ? Abattre des kilomètres pour abattre des kilomètres, ne représente rien pour moi. La déception et le doute s'installe: vais-je continuer jusqu'au bout ? Faire ce voyage en avion depuis l'Europe pour ça, c'est inconcevable. Je culpabilise d'avoir entrainé Hanna et Udo dans ce fiasco.
Au bout de neuf jours, avant de traverser le fleuve à Trois-Rivières, le bilan est sombre. J'étais parti avec dans la tête un Quebec plein d'images d'Epinal où j'aurai traversé des forêts sur des sentiers où les caribous, les élans, les ratons laveurs se seraient sauvés en me voyant. Quelle déconvenue !
Quelques hébergements originaux : dans un Ephad, dans le sous-sol d'un musée, dans la cripte d'une église.
Avant de quitter Trois-Rivière un arrêt au deuxième sanctuaire de notre route, le Sanctuaire Notre Dame du Cap !
Le chemin au nord, et maintenant, au plus prés du fleuve est un peu plus attrayant mais malheureusement toujours sur le macadam. Je suis pressé d'en finir.
Puis c'est l'arrivée à Quebec que notre compagne marcheuse, Sandra, quebecoise d'origine colombienne, nous fait visiter dans les moindres recoins. Ville très agréable, très animée en particulier le quartier Saint Roch ! Nous faisons un détour obligé au Sanctuaire de Quebec, la Basilique Notre Dame de Quebec.
Sur le bord de la route, ça et là, des stèles en mémoires d'ancètres venus de France pour fonder de véritables dynasties. Un certain nombre d'entre elles rappellent la région d'origine de ces ancètres. Je retrouve ainsi le nom de quelques villages de ma région du Perche.
Cette moto me fait regretter la mienne avec laquelle, en d'autre temps, j'avais fait un voyage extraodinaire dans le grand nord canadien.
Enfin au bout de 400km, le terminus de ce voyage très particulier et si décevant devant la basilique de Saint Anne de Beaupré. Enorme édifice par rapport à la taille de ce petit village ! L'église est pleine à craquer pour la messe dominicale qui est dite en anglais alors que nous sommes en plein milieu du Quebec : en fait l'assistance est composée d'une tribu autochtone (Les Premières Nations) anglophone !
On aura compris que ce n'est pas un voyage que je recommanderai à des marcheurs européens habitués à nos sentiers, à nos GR. Il aura manqué l'inattendu, l'insolite, les rencontres, le contact avec la nature qui font habituellement le sel des voyages et en particulier des voyages à pied.
Surtout j'ai tellement de gratitude pour l'accueil formidable que nous ont réservé tous nos accueillants au premier rang desquels Marie-José et son compagnon Pierre qui nous ont reçu comme leur propre famille dans leur maison exceptionnelle. Chaque jour la gentillesse de l'accueil a été incomparable. Combien de fois alors que je cheminais j'ai été interpelé par des gens travaillant dans leur jardin pour me poser des questions sur ce voyage, puis m'invitant pour me désaltérer dans leur maison. Tomber sur un français, avec son sac à dos sur les routes du Quebec, ils n'en revenaient pas !
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| Avec Marie-José et Pierre |
Cette gentillesse et cet accueil auront finalement sauvé ce voyage et c'est ce qui me restera de cette aventure au Quebec.











